samedi 14 janvier 2012

L'art de la solution efficace



Mea Koopa, je n'ai pas été très présents ces dernières semaines par ici. Je recommence petit à petit, mais timidement, à aller jeter un oeil sur twitter et sur facebook, pour montrer aux gens que je suis encore vivant. N'ayant pas tout suivi dans la blogosphère algérienne, je suis bien entendu totalement passé à côté du DZblogday, jusqu'à ce que j'en entende parler il y a 4 jours sur twitter. Et voila, je ne peux plus faire comme si je ne savais pas !

Quelle belle occasion de faire revivre temporairement ce blog, si ce n'est en participant à cette  thématique merveilleuse : "Agir pour l'Algérie".

Désolé amis lecteurs, mais je n'ai pas le temps de faire un article digne du Pullitzer, je vais donc faire comme si de rien n'était, et vous faire croire que le ton décalé et la provoc' gratuite sont totalement volontaires et assumés, me permettant de camoufler ainsi un style brouillon et une réflexion quasi-absente (des trucs qui prenaient la poussière dans ma tête, et balancés à peu près n'importe comment) !


Comme chaque année depuis l'an dernier (!) je vais apporter ma petite contribution aux débats qui secouent le web algérien, encore au stade embryonnaire, mais avec tellement de promesses qui se profilent à l'horizon.


Les débats politiques sont certainement l'une des pratiques webs les plus anciennes chez les algériens (avec la drague de carte de séjour sur des salons de chats, et les sites coquinous). Pourquoi parlé-je de politique? Tout simplement parce qu'à entendre certains de mes concitoyens, j'ai cette étrange  impression que chacun est persuadé au plus profond de son âme que tout nos problèmes sont politiques, et qu'il suffirait de changer les gens qui gouvernent pour que tout aille bien du jour au lendemain. Pourtant l'Histoire a montré à plusieurs reprises que ce n'est pas le cas. Même Super Obama a dû s'avouer vaincu, et revenir à une politique américaine au service de la guerre et de la finance ! Et pourtant je suis sûr que même lui il y croyait...

Approche rationnelle des problèmes

Les gens ont cette fâcheuse tendance à voir des problèmes insolubles partout. Je parle bien entendu de ces problèmes vagues et lointains, aux solutions vagues et lointaines, qui n'ont aucun ancrage dans la réalité. Les grands philosophes shadoks disaient : si il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème. Plus sérieusement, un bon scientifique vous dira qu'un problème qui n'a pas de solution est un problème mal posé, ou mal définit. Il faut bien comprendre quelque chose d'important, symptômes et problèmes sont deux choses différentes. Les médecins et les informaticiens devraient comprendre facilement. Quand le compilateur indique un soucis à la ligne 245, il vaut mieux vérifier à la ligne 244 s'il ne manque pas un point-virgule (ah combien de fois je me suis fait avoir dans la précipitation d'une modification urgente !). Vous avez mal à la tête, pas besoin de faire une ablation du cerveau, avez-vous pensé à utiliser des larmes artificielles pour humidifier vos yeux ? Des exemples de ce genre,il suffit de se pencher pour en ramasser à la pelle. Beaucoup de politiciens (du monde entier) oublient souvent quelque chose d'aussi simple mais de si fondamentale, et ne traitent que les symptômes et non l'origine du mal.

Il y a des gens qui arrivent à résoudre facilement leurs problèmes, et il y a les 99,99% restants qui réagissent de façon émotionnelle aux problèmes qu'ils rencontrent. Et ça m'ennuie !!! oui, les gens, vous m'ennuyez quand vous me sortez des phrases bidons du genre les émotions c'est ce qui fait de nous des être humains ! Déjà passons sur l'originalité d'une phrase aussi bateau. Les émotions c'est ce qui fait de nous des animaux. Et le fait d'en avoir conscience, et éventuellement de s'en détacher, fait de nous des êtres humains (non je ne suis pas un robot sans coeur). D'ailleurs la plupart des gens qui disent ça n'ont pas l'air de saisir la différence entre émotions et sentiments.

En fin de compte, tout le monde sent que quelque chose ne va pas, et chacun y va de sa petite théorie pour tout changer et rendre le monde meilleur (puisqu'on vous dit que c'est la faute des étrangers !). Et on oublie souvent d'avoir une véritable démarche analytique et rationnelle, enfin pour ceux qui peuvent, parce que le manque d'éducation joue un rôle extrêmement important dans l'aptitude à identifier et résoudre les problèmes. Ce n'est pas naturel d'aller à l'encontre des problèmes, certains diront que c'est les vestiges d'une époque où il valait mieux fuit que faire face pour rester en vie. Il y a donc une étape d'apprentissage longue mais nécessaire.


Définir le problème


Face à un problème, l'approche rationnelle (et le détachement émotionnel) est importante pour définir, quantifier, analyser et peut-être résoudre. Une réaction irrationnelle bloque la réflexion.

Le principe de simplicité (ou rasoir d'Okham, ça fait plus savant), impose de commencer par se demander si on ne participe pas soi-même au problème. Les gens qui se plaignent des chauffards qui ne respectent pas le code de la route, alors qu'ils ne font pas mieux (et qui n'ont même pas l'air de s'en rendre compte, si ça existe), ne sont pas prêt de résoudre le problème de la circulation à Alger !

Je ne vais pas faire un cours général, car malheureusement chaque situation a ses particularités propres, et je ne suis pas fan des conseils inutiles du genre : pour identifier le problème, posez-vous la question de qu'est-ce que le problème !

À la place, je vais exposer quelques exemples que j'espère instructifs.

À chaque fois que je rentre en Algérie, les deux vrais problèmes qui m'énervent le plus sont l'absence totale de gens compétents pour organiser les choses, et l'absence de souci du détail !



Quelques exemples tellement frappants que j'en ai encore des bleus : l'accueil et la gestion des foules dans les administrations, une véritable catastrophe. La complexité de certaines démarches administratives, due majoritairement à une répartition des tâches et de gestion des services lamentable. Je me souviens d'avoir attendu deux heures un papier au consulat de Montpellier,  parce que la seule personne à avoir la clé de l'endroit où il était rangé était occupé dans un autre service à tamponner je ne sais quoi, ou encore, à avoir attendu un extrait de naissance car les deux personnes disponibles à la mairie d'El-Mouradia, qui ne faisant absolument rien qui s'apparente à un travail quelconque, n'étaient pas habilitées à remplir un bout de papier en recopiant ce qu'il y a sur le livret de famille, et le tamponner. Remplir ou chercher un papier nécessite l'accomplissement de rituels obscurs derrières des portes hermétiquement fermées.

Peut-on s'étonner de la corruption chez nous? Pourquoi se sentirait-on obliger de payer ou de faire du copinage? parce que c'est plus simple. C'est la solution qui s'impose naturellement. Une opportunité qui soulage. Simplifions et organisons, et on se débarrassera de beaucoup de ces  opportunités. Cette solution n'est ni politique (au sens de changement de système ou autre) ni législative (voter des lois qui punissent ou je ne sais quoi)...

Tant que j'y suis, un autre problème qui me tue à chaque fois, c'est cette absence totale du moindre souci pour les détails. Et pourtant qu'est-ce que la vie serait plus simple si les gens étaient un minimum perfectionniste. Pourquoi faire des routes, et ne pas faire les trottoirs ? pourquoi fournir des services internet, et ne pas avoir de techniciens réseaux qualifiés dans les locaux (que des histoires vraies) ? pourquoi construire des maisons, et ne pas automatiquement installer le gaz et le téléphone ? Un véritable sujet de société.

Des solutions naturelles


En général, quand quelqu'un me dit qu'il suffit pour résoudre tel problème, que telle personne fasse un effort, j'ai des sueurs froides dans le dos. Ma première approche consiste toujours à chercher la solution qui n'implique pas le moindre effort d'une tierce personne. Les actions de la masse populaire sont des "solutions naturelles" considérant le système et les contraintes en place. La solution la plus simple s'imposera d'elle-même au plus grand nombre. Si je mange un biscuit, et que je ne croise pas de poubelle pour jeter le papier, je ne vais pas m'amuser à le trimballer dans ma poche, je le jette par terre. Au bout d'un certain temps, ce comportement se renforcera de lui-même, au point que le jour où je croise effectivement une poubelle, il est trop tard. Je suis conditionné à jeter mon papier par terre (je passe le mimétisme social). Et voila comment on se retrouve avec une ville salle. C'est d'ailleurs comme ça que je sais que je suis à Alger, des saletés et des travaux finis sans finition (et je vous épargne le discours sur l'ignorance totale des règles élementaires en urbanisme et aménagement du territoire)!



C'est ça le fu**g famous principe de moindre action : on fait l'effort minimale nécessaire permettant de vivre en accord avec ses principes, implantés par l'environnement et l'éducation, et les contraintes extérieures (comme la loi, le salaire...). Les experts en marketing eux l'ont compris !

Est-ce vraiment si simple ?


Bien sûr, il y a bien de vrais problèmes en Algérie, tant au niveau politique que social, et non je n'ai pas envie d'en parler ici. Ces problèmes ne sont tout simplement pas solubles naturellement, et ça ne sert de s'y attarder pour le moment. Il faut agir là où les marges de manoeuvre existent. Une transformation par le bas finira automatiquement par se répercuter en haut, il faut juste laisser le temps aux interactions d'homogénéiser le mélange. L'entropie est de notre côté (un jour j'expliquerai ça aussi, enfin peut-être !).



La vraie action utile pour le changement social se fait au niveau de M et Mme Toulmonde, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je crois beaucoup en internet et que je scrute les chiffres de la pénétration numérique avec une grande attention, le canal royal historique, le livre, étant un grand échec chez nous, car considéré à une époque (je ne sais pas si c'est toujours le cas) comme un produit de luxe surtaxé, et n'ayant pas bénéfécié de politiques de diffusion de "littérature" de masse. C'est d'ailleurs un problème partagé par tous les pays arabes, et je m'en plaignais déjà dans un billet précédent, en remarquant que les seuls livres en arabe sont des livres pour enfants ou des livres religieux, et avec l'arabisation, on n'encourage pas vraiment les gens à lire en français. Une initiative louable dans ce cas serait de monter une maison d'édition et de traduction de livres en arabe, pour rendre enfin accessible dans cette langue ce qu'on peut trouver en français et en anglais par ailleurs. Où sont les BD en arabe ? (je me souviens de lointaines tentatives quand j'étais très jeune), ou sont les livres d'humours ? les polars ? la SF et le fantastique ? les livres pour filles pleins de princes charmants venant en dos de chameau de bab-el-oued (il en faut malheureusement) ? Si il n'y a pas de produits, il ne risque pas d'y avoir de public ! Et si il n'y a pas de produits variés, pas la peine d'espérer voir émerger autre chose qu'une pensée unique formatée.


Pour le mot de la fin, je vous aurai bien invité à commenter ces belles idées, mais si vous avez vraiment quelque chose à dire sur le sujet, vous n'avez qu'à participer vous aussi au DZblogday. Si vous n'avez pas de blog,  Oracle Afrique, la revue qui donne la parole à la jeunesse africaine, vous ouvre grand ses portes. Contactez-les sur twitter : @Oracle_Afrique. Sinon vous pouvez aussi allez directement sur bloginy.

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