vendredi 9 septembre 2011

Saga Algeria : j'ai comme un troll sur la langue


Il y avait un endroit, en des temps lointains (pas tant que ça en fait), où un petit garçon commençait à se poser des questions sur le monde qui l'entoure.

Le destin a été tendre avec lui, en le faisant naître dans une famille qui aime les livres. Et très tôt il connut sa première crise identitaire : "Puisque je parle arabe, je dois pouvoir facilement lire et comprendre des livres en arabe ! alors pourquoi ce que je lis ne sonne pas comme ce que je parle". Mais ce n'était pas tant un problème que ça. À force de lire des histoires sur des enfants qui fabriquent des ballons de foot avec des sachets de lait et du papier journal, et des histoires sur les différents prophètes, la lecture et la compréhension devinrent de plus en plus fluide.

Après la frustration vint le premier miracle.  Cette arabe-là c'était celui parlé par Grindaizer, c'est ainsi que les images colorées devenaient plus que des images, et se mettaient elles-aussi à raconter des histoires.

Un certain temps passe. Et l'enfant commence à explorer un peu plus le monde qui l'entoure... avec les yeux, puisqu'il est encore trop jeune pour aller seul à l'aventure. Il profite des moments passés dans la voiture pour admirer tous panneaux et panonceaux, les devantures de magasins, etc. "Tiens", se dit-il un jour, "je ne peux pas lire ce qui est écrit !". Terrible frustration, à quoi bon lire des livres de cinq pages avec des histoires si on ne peut pas lire trois mots sur une vitrine.

"C'est du français" lui a-t-on dit ! Ainsi commença l'apprentissage d'une autre langue, après l'arabe et... l'arabe !

Les lettres étaient différentes, et les livres étaient différents aussi. Il se souviendra toujours de ce premier dictionnaire junior avec tous ces dessins pour apprendre comment s'appellent les dinosaures, ou encore comment est fabriquée une voiture !

Et là un autre miracle, d'autres images commençaient à prendre sens, celles de Goldorak !

Les livres continuaient à arriver, en arabe et en français, puis de plus en plus souvent en français. Notre jeune garçon allait vite apprendre en effet que les sujets des livres en arabe étaient limités à deux sujets : les histoires pour enfant et la religion.

Les livres en français devenaient avec le temps, de plus en plus dominants, abordant des sujets variés, sur les robots, l'astronomie ou la mythologie, racontant des enquêtes mystérieuses ou des aventures fantastiques.

Bien plus tard, d'autres livres, encore, d'histoire, de géopolitique, d'économie avaient trouvés leurs places sur les étagères. Puis arrivèrent des livres de sciences. Toujours en français, puis de plus en plus en anglais, car ainsi marche le monde scientifique.

Dans le monde qui est le nôtre, tout le monde est s'accorde à dire que la maîtrise de plusieurs langues est un plus, voire une nécessité.

Une chose est sure, à force de jongler entre trois langues, le petit garçon commençait à trouver amusantes les différences. Certains mots et concepts existants ici mais totalement absents là, les différentes formulations possibles d'une idée donnée lui permettait de gagner en profondeur et en subtilité dans sa réflexion.

Ce jeune garçon a grandi entre-temps. Et le voila confronté au monde réel, et à l'irrationnel de la nature humaine.

À suivre...

L'auteur

Ma photo
Blog à caractère expérimental, servant de support de réflexion et d'expression à un robot de l'espace !

Dozosphère