dimanche 13 mars 2011

Étudiant, comment réussir à la fac ?

Ce billet est présenté comme une méthode de réussite à la fac, mais les conseils qui s'y trouvent sont facilement généralisables à la vie "réelle" (je laisse chacun trouver ses propres exemples ^^)!

Je l'ai présenté de cette façon parce que ce sont des conseils que j'aurai aimé avoir quand je suis arrivé à la fac, mais malheureusement personne ne me les avait expliqué de cette façon... En plus j'ai remplacé un collègue mercredi dernier pour un TD de thermodynamique, et bien sûr les étudiants n'avaient pas préparé leur TD, et ne connaissaient même pas la simple et unique formule qu'il fallait utiliser pour tous les exercices de la feuille $Q=C \Delta T$ O_o. En fait c'est quelque chose que je récite en boucle à tous mes étudiants, jusqu'à ce que ça devienne naturel pour eux, et qu'ils finissent par se le dire eux-même (oui j'utilise des techniques marketing très avancées pour faire mes cours, j'en ferai peut être un article tiens !).

Je voulais au départ intituler ce billet : "pourquoi les étudiants doivent préparer leurs cours et surtout leurs TD pour mieux réussir à la fac ?" mais je pense qu'on sera tous d'accord avec le fait que c'est trop long !

Mon but n'est pas de donner un ensemble de recettes ou d'astuces pour réussir, mais plutôt insister sur un point important des études, qu'on ne comprend pas toujours lorsqu'on est étudiant, mais qu'on finit par comprendre quand on passe de l'autre côté et qu'on enseigne.

Je vais donc essayer d'expliquer simplement quelle est la meilleure façon d'optimiser son travail, et surtout pourquoi c'est comme ça et pas autrement.

Le constat : le taux d'échec dans les premières années des études supérieures est très élevés. Les chiffres pour les pays de l'OCDE sont éloquents, et je ne pense pas que la situation soit meilleure dans le reste du monde !

À l'école on apprend des recettes


Pour moi, l'origine de ce problème est très simple : l'enseignement dans le primaire et le secondaire n'est pas fait pour apprendre aux gens à apprendre (j'avais mentionné ce fait dans l'article sur l'éducation). À l'inverse, on considère en général qu'il faut enseigner aux gens des méthodes bien précises, entre autre pour former des individus immédiatement "opérationnels". Concrètement, ça revient à donner des recettes et des algorithmes de résolutions, et ce qu'il y a derrière, ça ne sert à rien !

Cette vision insiste sur l'immédiateté des choses. Si je suis confronté à un problème, j'applique immédiatement telle solution, même si je ne la comprends pas.

Pourquoi c'est un problème ?

Quand on arrive dans les études supérieurs, particulièrement si on veut continuer dans des cursus longs, on va être de plus en plus confronté à des cas où les solutions toutes faites n'existent pas. La résolution instantanée des problèmes qu'on ne comprend pas n'est plus possible. Il faut absolument mettre en œuvre de véritables stratégies d'analyse et de résolution. C'est une compétence qui s'acquière par la pratique.

On ne devient pas footballeurs en regardant les matchs à la TV


La pratique c'est vague, un exemple est le bienvenu.

Un étudiant est en séance de travaux dirigés. Il n'a pas préparé son TD (ceci est sa première erreur et je vais revenir dessus), et il se contente de recopier passivement les solutions de l'enseignant. Et cet étudiant espère avoir comme ça une bonne note à l'examen. Souvent les étudiants savent que quelque chose ne va pas, mais bon c'est comme ça, ils continuent. Et pourtant c'est beaucoup plus grave que ce qu'on peut penser. Pour faire une analogie, agir comme ça, rester passif en TD et recopier en espérant avoir une bonne note, c'est aussi utopique que vouloir devenir footballeur professionnel en se contentant de regarder des matchs à la TV. Dans ce cas, tout le monde sait que c'est impossible. Il faut entraîner son esprit comme on entraîne son corps. il faut le conditionner à l'effort. On ne se lève pas un matin et pouf, on sait faire quelque chose de nouveau. Il n'y a rien d'immédiat dans ce monde (ou pas grand chose en tout cas)!


On ne voit que ce qu'on est préparé à voir

Je reviens maintenant sur la non-préparation du TD, pour expliquer pourquoi c'est une erreur. Vous avez peut être entendu parler de ce test d'attention élaboré par les professeurs Simons et Chabris. Je met la vidéo, qui a eu son heure de gloire sur internet :



Les conclusions de ce test sont très importantes, et peuvent être utilisée pour expliquer plusieurs choses. Je vais donc moi aussi les utiliser pour expliquer une chose très simple :

On ne voit certaines choses que si on sait où regarder !

Quelqu'un qui prépare ses cours et ses TD ne verra pas la même chose que quelqu'un qui arrive en touriste.

Être intelligent est moins important que travailler


C'est un point que je considère comme extrêmement important, et je n'insisterai jamais suffisamment dessus. Ça me peine toujours quand je vois quelqu'un se décourager et complétement abandonner parce qu'il n'y arrive pas, et finit par se dire qu'il n'est pas fait pour ça (quelque soit le "ça"). Et bien sûr le problème est toujours cette fichue immédiateté ! On est conditionné pour penser : soit on y arrive tout de suite, soit on n'aime pas...

Quand on n'a pas l'habitude de faire quelque chose, il est normal d'avoir du mal ! Et il faut bien comprendre qu'on ne peut pas maîtriser un nouveau domaine du jour au lendemain. Il y a une phase d'apprentissage qui demande du temps (jusqu'à plusieurs mois si c'est vraiment éloigné de tout ce dont on a l'habitude, juste pour commencer à être à l'aise).

Le seul secret à la fac, c'est la régularité. Il faut apprendre à travailler, développer une méthode, des habitudes, et s'y tenir. Une fois le rythme de croisière atteint, plus rien ne peut vous arrêter !

L'auteur

Ma photo
Blog à caractère expérimental, servant de support de réflexion et d'expression à un robot de l'espace !

Dozosphère