mercredi 29 septembre 2010

Parlons intelligence

Un sujet qui me tient particulièrement à cœur, l'intelligence humaine !

Vaste sujet qui si il n'est pas correctement structuré, peut vite nous égarer tant les ramifications sont nombreuses et les différentes approches variées.

Étant de formation scientifique, je n'ai pas pour habitude de broder des kilomètres de texte, et afin d'éviter de me noyer dans ma propre réflexion, je vais essayer d'aller droit au but, en évitant les sentiers sinueux.

Par quoi commencer donc ? Sans hésitation, je vais m'attaquer à cette idée farouchement accrochée dans la tête de l'immense majorité des gens, qui consiste à croire que l'intelligence est innée, et que ceux qui n'ont pas eu la chance de naître avec un cerveau développé sont condamnés à souffrir d'un complexe d'infériorité. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : tout ceci n'est que foutaises. Et pour bien le faire comprendre, j'ai pris l'habitude de prendre une image que je pense assez représentative de la façon dont je vois les choses. Ah les analogies, je n'ose même pas imaginer toutes les lignes de textes que je vais m'épargner simplement à l'aide d'une analogie.

Bref, dire qu'il y a les gens intelligents, et les autres, c'est comme dire, qu'il y a des gens qui courent vite, et les autres. Effectivement, il y a des gens qui courent plus vite que les autres, et tout le monde n'est certainement pas un Hussein Bolt. Mais avec un peu d'entraînement et de persévérance, tout le monde peut courir vite. Il en est de même avec l'intelligence. Pourquoi ce serait différent avec l'intelligence ? Pourquoi est-ce tellement ancré dans la tête des gens qu'il y a des choses qui sont permises et qui leurs seraient totalement interdites à cause de limitations physiologiques, ou génétiques, ou je ne sais quoi d'autre. Je me doute que la réponse ne doit pas être simple.

Le lecteur avertit, si lecteur il y a, notera que je n'ai pas pris la peine de définir l'intelligence. Et je ne suis pas sur d'avoir envie de le faire. Car la nature de l'intelligence ne change rien à mon propos. Je dis une chose et une seule, il n'y a rien que quelqu'un sache faire que je ne saurai moi-même faire un jour en m'y attelant sérieusement. Tout est dans la durée.

Celui qui souhaite savoir faire quelque chose n'a qu'une seule et unique solution, c'est la persévérance dans le travail.

On m'objectera que certaines personnes ont certaines facilités dans des domaines qu'ils n'auraient jamais pratiqués, qu'ils ont un don, qu'ils sont naturellement bon. Et je réponds que je n'y crois pas. Et j'ajoute que si on pouvait suivre toute la vie d'un pareil individu, on finirait par trouver à un moment une forme de conditionnement quelconque qui a préparé le cerveau à recevoir l'information et à la traiter de la bonne façon. Afin d'illustrer mon propos, je vais considérer deux exemples. Il y a quelque temps, une étude avait montré que près d'un polytechnicien sur deux est un enfant d'enseignant. Les polytechniciens ne font pas nécessairement des polytechniciens, mais beaucoup d'enseignants font des polytechniciens. Intéressant ! Très bien me dira-t-on, mais si des polytechniciens ne font pas nécessairement des polytechniciens, les médecins eux font souvent des médecins, n'y aurait-il donc pas de cause génétique à la réussite de dynasties de médecins. Je connais bien ce cas, puisque je suis moi-même fils de médecin (non je ne suis pas médecin, et je n'ai même pas essayé). Et il y a une chose dont je suis sur, à l'âge de 10 ans je savais déjà ce qu'était l'acide acétylsalicylique (de l'aspirine), et j'étais même surpris que d'autres ne connaissent pas ce mot dans mon entourage au collège. Ceci est un arbre derrière lequel se cache une forêt de petits conditionnements quotidiens, qui m'ont permis, bien que n'ayant jamais eu le moindre cours de médecine, d'être assez familier avec un certain nombre de termes, de concepts et de jargon médical. À la place j'ai choisi de faire des études de physique, et je m'en suis plutôt bien sorti, étant à l'aise avec la manipulation de concepts mathématiques et physiques. Et encore une fois, je dois plus remercier mes parents de m'avoir élever au science et vie et autre livres de vulgarisation que mon héritage génétique (oui je me considère comme intelligent :p ).

Mais alors c'est facile d'être intelligent ? Je réponds sans hésiter que oui. C'est même la chose que l'humain apprend à faire en premier. Et non, manger dormir et salir ses couches sont innés et ne relèvent pas de l'apprentissage. Être intelligent est donc la première chose qu'un bébé fait. Et pourquoi me direz-vous ? Parce qu'il n'a pas le choix. Le bébé ne sait rien faire à la naissance, et il est dans cet environnement inconnu, avec ces gens qui émettent des sons et qui bougent dans tous les sens. Le bébé est stimulé continuellement, sa curiosité est à son paroxysme. Il reste ouvert et analyse tout ce que ses sens détectent. Le bébé est l'espèce la plus intelligente sur Terre.

Malheureusement bébé finit par être grand, et en savoir suffisamment pour atteindre un équilibre avec son environnement. Il n'y a plus de stimulation !  Une fois qu'il n'y a plus besoin de fournir d'effort pour interagir avec son environnement, il se passe cette chose terrible dans l'esprit de chacun, le disjoncteur de la curiosité et de l'analyse saute sur off.

Le bébé est devenu un homme ou une femme moyen(ne), qui se contentera toute sa vie de reproduire les schémas de son entourage, et continuer son chemin suivant une inertie dont il est loin d'avoir le contrôle. Mais ceci est une autre histoire...

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