jeudi 30 septembre 2010

Mon coup de gueule sur le piratage

Je suis tombé il y a quelque temps sur cet excellent article sur owni.fr, parlant de l'intérêt du partage d'œuvre. Et je dois dire que je trouve cet avis très intéressant. Je vais me concentrer ici surtout sur le côté musique, et le fait que des artistes perdent des millions d'euros parce que quelqu'un a eu l'outrecuidance d'écouter un de leur morceau sans payer.

J'aurai beaucoup de choses à dire sur le sujet, mais bon, j'ai envie ici de faire mon primate sauvage, et gueuler. Pourquoi gueuler ? parce qu'il paraît qu'il faut travailler plus pour gagner plus. Ah bon ? mais alors qu'on m'explique pourquoi cet espèce de pseudo-artiste dont la création se borne à reprendre 3 accords et rajouter dessus quelques sons nouveaux devrait toucher l'équivalent d'un an de smic, voir beaucoup plus, simplement en allant s'enfermer 3 semaines dans un studio et enregistrer une fois du bruit sur un bout de plastique, puis en profiter pendant plusieurs mois en allant tout griller dans des boîtes de nuits et des yachts, jusqu'aux prochaines 3 semaines intenses de travail (le pauvre).

La vérité mesdames et messieurs, la vérité vraie, c'est qu'un artiste ne devrait rien toucher de la distribution de sa musique. Il faut réhabiliter la valeur travail, et décréter que nul ne touche un sou sans avoir transpirer pour l'avoir... Bon ça risque de faire beaucoup de pauvres d'un coup, alors je vais être plus précis : la source de revenu majeure d'un artiste devrait être ses prestations sur scènes, devant son public. C'est la véritable raison d'être du musicien, et ça a toujours été comme ça jusqu'à il y a quelques décennies.

La vérité vraie, c'est qu'il y a beaucoup de petits groupes, qui ne disposent pas pour différentes raisons de la couverture médiatique qu'ont d'autres pseudo-artistes, et ses artistes vivent très bien, de leurs concerts et de leur public qui leur est fidèle. Ces groupes se retrouvent souvent sur des scènes ou dans des festivals pas loin de chez vous. Et même si ils ne sont multi-millionnaires, ils ne vivent pas dans la misère.

La vérité vraie, c'est que ceux qui se font le plus piraté sont ceux qui au lieu d'avoir un véritable public, ont surtout une horde de consommateurs qui souhaite les consommer à tout prix parce que les experts du marketing ont bien fait leur travail. Et c'est ce modèle de surconsommation qui pousse les gens à vouloir absolument se procurer le dernier tube à la mode. Et bien entendu, cette remarque s'applique également aux gros block-busters au cinéma. 

La chose la plus ridicule que j'entends à propos du "piratage", c'est l'équivalence un téléchargement égal un achat en moins. Cet argument est erroné parce derrière se cache une hypothèse qui est tout sauf correcte, l'argent dont dispose un individu pour la consommation culturelle est illimité. N'importe qui qui doit compter ses sous à la fin du mois comprendra pourquoi cette hypothèse ne peut pas tenir. 

Le consommateur moyen dispose d'une somme finie pour ses dépenses culturelles. Le consommateur moyen est impuissant face aux armes de persuasion massive des experts en communication et marketing, qui n'hésitent pas à utiliser les techniques les plus sournoises pour susciter le désir de consommer. La grande force de ces experts réside dans leur capacités à planter la graine du désir dans l'esprit du consommateur, qui finit par être persuadé qu'il a choisi librement de consommer ceci ou cela (je reviendrai très certainement sur ce point plus en détail dans un autre post).  

Source de consommation quasi-infinie et désir énorme, auxquels j'oppose la barrière du prix. 

Avant d'aller plus loin, je vais faire un petit cours de physique. J'ai une cuvette, et je lâche une bille à l'intérieur. La bille va rouler vers le bas, atteindre le fond et remonter de l'autre côté, jusqu'à une certaine hauteur h qui dépend de l'énergie initiale de ma bille. Maintenant, si avant qu'elle atteigne la hauteur h, je lui donne une petite pichenette en cours de route, elle va monter un peu plus haut à une hauteur h'>h. Si je ne vois pas la pichenette, mais que je me concentre uniquement sur la hauteur qu'atteint la bille, je peux faire l'erreur de penser qu'elle avait beaucoup plus d'énergie disponible au départ.

Là est le tort du piratage. Faire croire qu'en consommant plus grâce au téléchargement implique que l'on dispose d'un budget plus gros que le budget réel. Et c'est ce budget gonflé artificiellement qui ouvre l'appétit des gros distributeurs, qui veulent mettre la main dessus. Et oui mais le problème c'est que cette manne supplémentaire n'existe pas en réalité, ce n'est qu'une illusion.

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